J'avais seize ans lorsque j'ai compris
que la liberté était plus importante que l'amitié... La liberté je
l'ai découverte en grimpant pour la première fois sur le toit de
mon immeuble -notre appartement était sous les toits-, qu'elle
magnifique vue nous avions là ! Et tant de toits à découvrir ! A
escalader ! De plus Naxoa était une grande ville, faite de pierre,
de bois et de vitre, oui c'était une ville vieille de mille ans.
J'ai vite su que la vie sur les toit était pour moi, je n'ai jamais
vraiment aimé faire tout comme les autres, pourquoi vouloir
absolument suivre un mouvement après tout ? Non ce que je voulais
c'est me distinguer des autres adolescents de mon âge.
La première nuit où je montais sur le
toit de mon immeuble, j'avais en fait surtout peur de tomber...
Mais je me rendis compte qu'il suffisait surtout d'avoir confiance
en soi... Même si cela n'était pas forcément facile toutes les
nuits... Car oui je montais sur les toits seulement la nuit,
c'était le seul moment de la journée où je n'avais aucuns risques
d'être vu après tout ! Je ne me rendais compte de rien, je
commençais à courir, à sauter de toits en toits, et mon corps se
muclait au fil de mes efforts, j'avais parfois -même souvent- un
sentiment de vertige lorsqu'il m'arrivait de sauter d'un immeuble
de trois étage à un immeuble de deux, ce qui après tout était
normal, bien que je me forçais à le faire et je faillis plus d'une
fois me tordre la cheville. Mais j'apprenais à contrôler mes
émotions, et j'avais de moins en moins peur. Je ne sais pas
vraiment ce qui me forçait à repousser mes limites chaque fois que
je le pouvais...
Le matin, bien sûr j'étais
complètement ailleurs, par manque de sommeil bien sûr mais aussi
parce-que j'avais une grande envie de repartir là-haut, là où
personne ne m'embêtait... Ce n'est pas que je n'aimais plus mes
amis, simplement j'étais trop fatiguée pour tout leur raconter.
- Meiryann, t'es complètement ailleurs
depuis quelques semaines, ça va pas ?" Kym était inquiète, je ne
parlais plus beaucoup, et je n'écoutais que d'une oreille distraite
les cours, et bien sûr mes notes s'en ressentaient.
- Non ça va, je t'assure."
- Mais tu ne nous parles presque
plus..." Avant que je découvre cette autre "vie" j'aimais discuter
et raconter tout ce que je faisais... Mais maintenant je n'en avait
plu aucune envie.
- Désolée, mais j'ai rien à dire."
L'excuse bidon que tout le monde à sortie au moins une fois dans sa
vie, et qui en général ne fait qu'aggraver la situation...
- Avant, tu avais tout le temps quelque chose à raconter, tu
nous faisais rire, pourquoi plus maintenant, qu'est-ce qu'il s'est
passé ? Tu ne t'es pas faite violée au moins ? Il paraît que les
gens comme ça se renferme sur eux-même... Tu peux me parler tu sais
!" J'éclatai de rire et elle me lança un regard furieux. " Si tu
ris, au moins, c'est que ce n'est pas ce qui t'es arrivé..."
- Ne t'inquiète pas pour moi Kym, je vais bien." Je ne voulais
tout de même pas qu'elle s'inquiète inutilement... C'était quand
même mon amie la plus chère.
- Au fait tu as révisé pour le contrôle de maths de demain ?" Je
n'y avais pas pensé...
- Hmm, non pas encore. Mais t'inquiète pas pour moi, ok ?" Elle
soupira et la discution s'arrêta là.
Le reste de la journée se passa lentement, je n'arrivai pas à me
concentrer sur les cours, j'écoutai à peine ce que me disai Kym
lorsqu'elle m'aida pour réviser les maths. Tout ceci me lassai,
j'en avais plus qu'assez de tout ces cours, de tout ces profs. A la
fin de la journée, Kym me proposa de venir réviser chez elle mais
je refusai... J'avais une forte envie de monter sur les toits
malgré le froid qu'il faisait actuellement. Nous étions en plein
hiver.
Lorsque je rentrai dans l'appartement ma mère arriva à grand pas
en faisant tapper ses talons.
- Tu vas gêner les voisins..." Lui dis-je alors en souriant
légèrement.
- Dans la cuisine ! Tout de suite !" Elle était furieuse et moi
je restai sereine, je savais pertinemment ce qui l'a mettait dans
un état pareil : elle avait reçu mon bulletin. Et je savais que mes
notes étaient catastrophiques.
Je posai mon sac sur le canapé du salon, sous le regard
impatient de ma mère. Je la rejoignis finalement dans la cuisine où
je m'assis attendant l'éclatement.
- As-tu travaillé au moins une seule fois ce trimestre ??!! 4 en
maths ! 10 en français ! 8 en histoire et 2 en physique ! Comment
se fait-il que tu ais eu de si mauvaises notes !" Je haussai les
épaules. " Ne me dis pas que tu ne sais pas ! Parce-que moi je sais
: tu n'as rien FOUTU !" Je ne comprendrai jamais les adultes dans
ces moments, ils partent dans des discours en disant " si tu ne
travailles pas tu vas finir caissière dans un super marché !"... Ah
les parents !
Elle finit par me lâcher au bout d'un quart d'heure de
sermonnages, j'en avais mal à la tête. Mais j'avais pour seule
punition de ne pas avoir droit au dessert ce soir, comme si ça
m'affectait sérieusement. Alors que j'appuyai sur la poignée de ma
porte, Nyrr -mon frère- sortit de sa chambre.
- Tu t'es bien fais engueulée on dirait. C'était à propos de ton
bulletin ?"
- Ouai." J'entendai encore des voix dans sa chambre... " Tes
copains sont là ?"
Il aquiesça " Ils passent la nuit ici..."
- Y'a qui ?"
- Derion, Asfaz, Kyfu et Llyor. Pourquoi ?"
- Nan comme ça." Je rentrai dans ma chambre et me mis activement
à faire mes devoirs, je voulais absolument sortir ce soir-là.
J'avais principalement des mathématiques à faire pour
m'entraîner au contrôle, après tout je n'avais pas envie que la
scène de ce soir se répète... Ma mère nous appela à manger
rapidement. Elle avait simplement préparé des pâtes et mon père ne
rentrait pas ce soir...
Les copains de Nyrr faisaient sans cesse des blagues et le repas
s'avéra très agréable, malgré les regards assassins de ma mère. Je
gardai quand même ma bonne humeur et riait de bon coeur aux
blagues. Derion était le plus drôle de tous, il aimait faire rire
les gens, c'était le seul blond de la bande. Kyfu, était
pince-sans-rire et on ne savait jamais quand il fallait rire ou
pas. Malgré tout il était drôle et très sympa. Il avait des
dreadlocks brunes, c'était celui qui venait le moins souvent à la
maison. Asfaz, lui, était du genre timide, il parlait peu, mais
écoutait beaucoup. C'était peut-être pour ça qu'il était si
intelligent.
A la fin du repas je dûs débarrasser avec ma mère les garçons
étant repartis dans la chambre de Nyrr.
- Tu as travaillé ?"
- Oui maman, j'ai fais une quinzaine d'exercices de
mathématiques." Elle souria pour la première de la soirée. Et je
pus repartir dans ma chambre rapidement, j'enfilai alors un pull
puis mis mes chaussures et sortit par la fenêtre. Il y avait du
vent glacial qui soufflait, mais je n'avais pas peur, loin de là,
je m'élança donc comme tout les soirs sur le bâtiment d'à côte.
J'avais déjà appris à ne pas faire de bruit et à atténuer mes
pas pour ne pas réveiller les personnes vivants au dernier étage
des batiments sur lesquels je passais. C'était plus facile que je
ne le croyais finalement, et ma vie sur les toits de la ville
devenait de plus en plus agréable et facile. Je déambulais tout en
souplesse, et découvrait ainsi des endroits que je n'avais jamais
visité par voie de terre. Naxao était une ville immense.
Ce soir-là, je me rappelle que les étoiles brillaient et le ciel
était d'un noir parfait. Malgré tout, il y avait de grandes rafales
de vent et je commençai rapidement à frissoner...
Alors que je rentrais tranquillement car il était encore tôt,
j'entendis mon nom crié par une voix que je connaissais bien :
celle de mon frère. Il était en bas dans la rue. La peur me
prit, et je me mis à courir à toute vitesse à la maison, même si je
savais que j'allais sévèrement me faire sermonner...
Je sautai d'immeuble en immeuble, ne faisant aucuns bruits...
C'était devenu une habitude et je ne m'en rendais même plus compte.
Mes yeux coulèrent à cause du froid qui me fouettait le visage.
Tout à coup je perdis l'équilibre : quelqu'un m'avait attrapé le
bras droit, mon coeur tonna dans ma poitrine et je me retournai
brusquement pour voir celui qui pouvait se trouvait sur les toits
de la ville, au alentour de vingt-trois heures, tout comme moi.
Petite remise en forme du blog sous forme de
chapitre... Plus simple n'est-ce pas ?